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Hausse des tarifs bancaires en 2017 : attention ça va faire mal

Les clients des banques vont devoir remettre la main au portefeuille en 2017. Alors que les marges des établissements bancaires fondent comme neige au soleil lorsqu'ils octroient des crédits en raison de la faiblesse des taux d'intérêt, l'inflation des tarifs relevée en 2016 va se poursuivre l'an prochain. Selon une étude réalisée par le comparateur meilleurebanque, qui a passé au crible les barèmes de 54 établissements, ceux-ci vont sérieusement mettre leurs clients à contribution pour restaurer leur rentabilité.

Il va falloir surveiller vos frais de tenue de compte, ils pourraient doubler l’année prochaine. Et ce n’est qu’un exemple

La principale flambée va concerner les frais de tenue de compte, qui s'ajoutent à la facturation de leurs différents services. En l'espace de deux ans, «ces frais sont rentrés dans les mœurs, constate Romain Espinasse, directeur de meilleurebanque. Les banques qui n'en factureront pas au 1er janvier se compteront sur les doigts d'une main». Ils augmenteront en moyenne de 13 %, dès le 1er janvier 2017. D'autres frais, comme les retraits dans les distributeurs d'autres banques, coûteront également plus cher de 4,5 % en moyenne. Ce sera encore le cas des cartes à débit immédiat, dont le prix grimpera de 3,35 %, tandis que le celui de la carte à débit différé diminuera de 1,12 %.

Pour endiguer l’affaiblissement de leurs marges, notamment sur les crédits immobilier (puisque les taux sont historiquement bas), les banques françaises avancent groupées et souhaitent faire évoluer leurs tarifs en 2017. Le mouvement est d’ailleurs entamé : en 2016, les clients de BNP Paribas ou de la Société Générale ont déjà pu s’en apercevoir. 2017 sera l’année du grand rattrapage général, groupes mutualistes et banque postale y compris.

La Banque Postale doublera ses tarifs à compter du 1er janvier 2017, les faisant passer à 12 euros contre 6,20 euros actuellement."

"Les frais bancaires c’est un peu comme l’essence, quand les taux montent, ils ne baissent pas, quand les taux baissent, ils montent" 

En 2017, les clients des banques françaises ont tout intérêt à scrupuleusement examiner leurs relevés bancaires, et ce sur le papier ou bien en ligne, puisque de nombreux établissements incitent fort opportunément à passer au 100% numérique. 

Les hausses concernent notamment la tenue de compte, les retraits déplacés ou les cartes bancaires. Les banques compensent l’écrasement de leurs marges sur les crédits.

Hausse de frais de tenue de compte

Dans la foulée de l'année 2016, qui a vu BNP Paribas, Société Générale et LCL facturer la tenue du compte courant, les tarifs bancaires vont à nouveau progresser sensiblement l'an prochain. Toutes les banques commerciales n'ont pas encore publié leurs plaquettes pour 2017, mais la tendance est clairement à la hausse dans les groupes mutualistes et à La Banque Postale.

Les frais de tenue de compte vont à nouveau constituer un levier efficace pour augmenter les tarifs. Ces frais, qui se sont élevés en moyenne à 12 euros par an en 2016, atteindront 18 euros en 2017 (moyenne des tarifs disponibles). La Banque Populaire Rives de Paris a d'ailleurs pris les devants en facturant la tenue de compte à partir depuis le 15 octobre, à hauteur de 30 euros par an, alors que ce service était jusqu'à présent gratuit. AXA Banque a fait de même, en facturant le compte courant 15 euros par an depuis le 1er octobre.  aussi

À La Banque Postale, qui revendique pourtant une certaine modération tarifaire, les frais de tenue de compte passeront à 1 euro par mois (12 euros par an) au 1er janvier, soit un quasi-doublement par rapport aux 6,20 euros annuels facturés en 2016. LCL a, en revanche, décidé de ne pas facturer la tenue de compte à ses meilleurs clients - qui lui confient leurs revenus -, les autres devant désormais s'acquitter, depuis début octobre, de 2 euros chaque mois.

En 2017, la carte bancaire, qu'elle soit à débit immédiat ou à autorisation systématique, va également voir sa cotisation augmenter, et cette fois dans quasiment toutes les banques. La hausse est toutefois plus indolore, car elle ne dépasse pas, le plus souvent, de 1 à 2 euros par an.

Hausse de cotisation de carte bancaire

Les banques avaient prévenu, La cotisation annuelle va augmenter dans pratiquement tous les établissements en 2017, mais glnéralement de "seulement" un ou deux euros par client. Notons tout de même un + 18% chez HSBC pour les tarifs des cartes bancaires à débit immédiat et + 6% à la Société générale.

Un autre poste de dépense bancaire augmente de manière extrêmement discrète : il s'agit des retraits d'argent « déplacés », effectués dans un distributeur automatique de billets (DAB) qui n'appartient pas au réseau de la banque du client. Ainsi, dans les caisses régionales Finistère et Centre France du Crédit Agricole, il en coûtait en 2016 1 euro par retrait déplacé à partir - respectivement - du 5e retrait et du 6retrait par mois. En 2017, la facturation (toujours de 1 euro) interviendra dès le 4e retrait mensuel hors réseau. Quant à La Banque Postale, le nombre de retraits gratuits par mois à un DAB d'une autre banque passera de 4 à 3.

Hausse des tarifs des retraits déplacés

Au chapitre des petites augmentations "indolores", figurent aussi la facturation (un euro) pour les retraits dits "déplacés", c’est à dire effectués hors des guichets du réseau de votre banque. La pratique, déjà en vigueur dans certains établissements, risque bien de se généraliser en 2017. La question est simplement de savoir quand : dès le premier retrait ou bien seulement au trois ou quatrième. 

Crédit immobilier : les banques prêtent encore moins cher

Les banques avaient prévenu ces derniers mois que le contexte de taux aurait des répercussions sur les tarifs. Sous la pression des taux négatifs de la BCE et d'une courbe des taux plate, les banques gagnent beaucoup moins d'argent sur les crédits. Tous les établissements cherchent donc aujourd'hui d'autres sources de revenus. En Belgique, BNP Paribas Fortis avait ainsi clairement indiqué, fin août, que ses tarifs allaient augmenter parce que, selon l'administrateur directeur général Max Jadot, « il est clair que la banque doit maintenant gagner de l'argent grâce à ses services plutôt que via les marges d'intérêt, comme c'était le cas avant ».

Que faire ?

C’est assez simple : surveillez vos relevés, et le cas échéant, il faut faire jouer la concurrence. Le paysage bancaire français est en phase de recomposition sous l’effet de l’essor des banques en ligne, des taux d’intérêts bas, de l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations (l’impact de la loi Hamon  sur les assurances par exemple), et de la numérisation grandissante de l’économie.

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