Votre voisin aime le football et regarde chaque soir les rencontres de la Coupe de monde de football avec une certaine passion qui s'exprime de façon assez bruyante ? Et sans vouloir empêcher votre voisin de vivre les quarts de finale entre la France et l'Uruguay, vous aimeriez pouvoir passer des moments plus calmes chez vous ? Que faire ? Retour sur les règles à connaître en matière de troubles de voisinage.
Sachez d'abord que sur la question des troubles de voisinage et de bruits de comportement, les nuisances sonores liées à ce type de bruit (son d'un téléviseur, cris, chants...) peuvent être sanctionnées dès lors qu'elles troublent de manière anormale le voisinage (de jour comme de nuit).
Et, dans tous les cas, il est recommandé successivement :
Enfin, dans certains cas, vous pouvez également faire appel à la police ou à la gendarmerie pour faire constater le trouble, une amende pouvant alors être infligée à l'auteur des troubles.
Mais, pour éviter d'en arriver là, vous pouvez aussi partager ensemble ce moment de convivialité !
Les nuisances sonores liées aux bruits de comportement peuvent être sanctionnées dès lors qu'elles troublent de manière anormale le voisinage, de jour comme de nuit.
Les bruits de comportement sont tous les bruits provoqués de jour comme de nuit :
Lorsque ces bruits sont commis la nuit, on parle de tapage nocturne.
En journée, le bruit peut causer un trouble anormal de voisinage dès lors qu'il est répétitif, intensif, ou qu'il dure dans le temps.
À savoir :
Les nuisances olfactives (barbecue, ordures, fumier...) ou visuelles (gêne occasionnée par une installation par exemple) peuvent aussi constituer un trouble anormal de voisinage.
Lorsque le bruit est commis la nuit, l'infraction pour tapage nocturne est possible sans que ce bruit soit répétitif, intensif et qu'il dure dans le temps.
L'auteur du tapage doit toutefois être conscient du trouble qu'il engendre, sans prendre les mesures pour y remédier.
L'usage intensif sur de longues durées du barbecue peut constituer un « trouble anormal du voisinage ». Il faut alors démontrer les nuisances et les dommages causés (noircissement d'un mur, projection de cendres...).
Un « trouble anormal du voisinage » se définit par des nuisances qui excèdent les inconvénients normaux du voisinage. Pour le constater, la justice s'appuie sur plusieurs critères :
Dans tous les cas, il est recommandé successivement :
Démarches auprès de la police ou de la gendarmerie
Il est recommandé d'engager des démarches amiables (entrevue, envoi d'un courrier, recours à un conciliateur de justice, ...). Dans certains cas, vous pouvez également faire appel aux forces de l'ordre pour faire constater le trouble.
Vous pouvez faire appel aux forces de l'ordre (police, gendarmerie, police municipale) pour constater le trouble si l'auteur agit de nuit quel que soit le type de bruit commis. Le bruit doit être audible d'un logement à un autre.
Vous pouvez également appeler la police, la gendarmerie ou la police municipale, si l'auteur agit en plein jour et commet des nuisances :
Une amende forfaitaire peut alors lui être infligée à hauteur de :
À savoir :
Une personne victime de multiples menaces ou insultes pour de faux motifs de nuisances sonores peut également porter plainte pour harcèlement.
En cas de dénonciation calomnieuse
Une personne qui prévient à tort la police ou la gendarmerie pour des faits de nuisances sonores risque une condamnation pour dénonciation calomnieuse.
Une dénonciation est calomnieuse lorsqu'on dénonce une personne à la police ou à la gendarmerie pour des faits que l'on sait totalement ou partiellement inexacts.
La peine maximale est de 5 ans de prison et 45 000 € d'amende.
La personne visée par la fausse dénonciation peut porter plainte au pénal contre l'auteur des faits. Ce dernier peut aussi être poursuivi par le procureur de la République.
Si vous souhaitez obtenir réparation du préjudice, un recours devant un tribunal civil est nécessaire.
Vous devez alors démontrer la réalité de votre préjudice du fait des nuisances sonores. Pour cela, vous devez réunir un maximum de preuves à l'appui de votre demande :
Toute preuve est recevable par le tribunal à condition qu'elle ait été recueillie loyalement. Par exemple, vous ne pouvez pas photographier ou filmer votre voisin dans son domicile à son insu.
Une fois que ces preuves sont réunies, vous pouvez saisir le tribunal.
La juridiction compétente dépend des sommes en jeu dans le litige.
Le juge peut ordonner l'insonorisation du logement de l'auteur du bruit, ou prononcer la résiliation du bail si celui-ci est locataire.
En cas de procédure abusive
Une personne qui saisit le tribunal pour des nuisances sonores mais perd son procès risque une condamnation pour procédure abusive, si la partie attaquée l'a réclamé.
Une procédure est considérée comme abusive :
La personne ainsi condamnée risque alors :
Cette condamnation est prononcée par le tribunal qui a jugé l'affaire initiale et lors de la même audience.
Pour s'informer
Pour s'informer et saisir la mairie en dehors de Paris
Pour s'informer et saisir la mairie à Paris
Pour porter plainte
Pour exercer un recours judiciaire si les nuisances persistent
Pour exercer un recours judiciaire si les nuisances persistent
Pour en savoir plus
Réglementation acoustique des bâtiments
Ministère chargé de l'environnement
Guide pratique du maire : bruits de voisinage (pdf - 1.7 MB)
Guide pratique : isoler son logement du bruit (pdf - 1.5 MB)
Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe)