Une fois n’est pas coutume, mais en ces temps troubles et face à des commentaires haineux qui fleurissent un peu partout sur internet et dans certains médias, aujourd’hui je veux rappeler une règle d’or qui est la mienne ; ne jamais faire d’amalgame, ne jamais se laisser aller à la facilité des raisonnement simplistes et sans aucun fondement.
Le 13 novembre dernier, une poignée d’individus a perpétrer des attentats meurtriers à Saint Denis et à Paris, au nom d’un Islam dévoyé par des gens haineux qui n’ont rien compris à cette religion qu’ils prétendent défendre. Comprenons-nous bien, moi je suis athée, je n’ai rien à défendre coté religion, mais je ne peux pas laisser dire n’importe quoi par des gens qui n’ont qu’un but : monter des êtres humains les uns contre les autres, diviser des français en les montant les uns contre les autres.
Tout ceci est méprisable et la meilleur réponse à toute cette violence est de rester unis face à cette monté de l’intégrisme quel qu’il soit.
À tous ceux qui seraient tenté de se laissé aller à confondre la très grande majorité des musulmans, qui sont des gens respectueux des valeurs de la République Française, avec une poignée d’islamistes qui ne servent que leurs propres intérêts et non ceux qu’ils prétendent défendre.
L’islam fait partie des religions largement représentées en France et dans le monde, des milliers de musulmans ont donné leur vie pendant les heures sombres de notre pays pour que vive la France. Nos cimetières militaires sont pleins de ces musulmans qui ont combattu pour défendre leur pays : la France. Oui c’est une réalité ces gens que nous côtoyons tous les jours, sont des français à part entière, et comme nous ils sont atterrés par un tel déchainement de barbarie commis au nom d’une religion qui est la leur par des individus qui desservent ce qu’ils prétendent servir.
Ne cédons pas à la haine, mais au contraire restons unis et solidaires dans ces moments tragiques que traverse notre pays.
Très exceptionnellement donc, j’ai choisi de reproduire ici deux articles parus dans les médias et qui illustrent bien mon propos.
Et je terminerais par une pensée pour les victimes de tous les attentats récents ou anciens, partout dans le monde et a leur famille.
Premier article :
Attentats à Paris : musulmane, je refuse que l'on puisse me présumer coupable
Publié dans Le Nouvel Obs le 15-11-2015
Etudiante en droit
LE PLUS. Après un réveil difficile, la France n'est pas à l'abri des amalgames entre religion musulmane et terrorisme. Kaouther Bouferroum, musulmane, est, comme tous les Français, dévastée par les tragiques événements du 13 novembre. Mais elle appelle à la prudence... et à l'esprit critique.
En cette triste soirée du vendredi 13 novembre 2015, comme beaucoup, j'apprends avec effroi la terrible tragédie qui a frappé Paris en plein cœur.
Les mots se bousculent dans ma tête pour qualifier une telle barbarie, mais finalement aucun d'entre eux n'est suffisamment fort
Terreur, stupéfaction et tristesse
Je ressens de la terreur, de la stupéfaction, de la tristesse - pour ces innombrables victimes, blessés, pour leurs familles et proches - puis vient de l'incompréhension.
Je ne comprends pas comment ces bourreaux, sans cœur ni états d'âme aucuns, parviennent malgré tout à justifier les horreurs qu'ils ont commises au nom d'une religion.
Cette religion qu'est l'Islam, cette religion qu'est la mienne.
Je ne veux pas avoir à me justifier
Je n'entends pas non plus toutes ces incitations venant de tous bords me demandant expressément des comptes, de me justifier, encore et toujours.
Je n'entends pas que l'on puisse me présumer coupable, sinon complice, jusqu'à preuve du contraire, jusqu'à preuve de ma désolidarisation d'un tel acte.
Je suis épuisée d'avoir à chanter la même chanson, que ce soit après les tueries de Toulouse, Charlie, de l'Hyper Casher.
Épuisée d'avoir à subir tous ces regards accusateurs dans la rue, d'essuyer injures et sobriquets.
Épuisée d'assister, totalement impuissante, au lynchage médiatique de la communauté musulmane en France.
Je vous conjure d'avoir de l'esprit critique
Quand bien même les coupables se revendiqueraient de l'Islam, quand bien même ils auraient crié "Allahu Akbar" - hélas, complètement dénaturé de son sens véritable - je m'adresse à tous mes concitoyens.
À tous mes concitoyens, que je sais aussi désemparés que je le suis. Malgré la vive émotion, je vous conjure d'avoir suffisamment d'esprit critique pour ne pas jouer le jeu de ces terroristes.
Ni celui de certains politiques, personnalités médiatiques, qui s'affairent déjà pour organiser le procès de toute une communauté.
Fermons la porte des amalgames, tentante, pour mieux envisager l'avenir, ensemble.
Un avenir qui ne pourra être construit que si nous sommes unis, soudés. Car jamais les semeurs de haine ne vaincront, tant que nous garderons espoir en un avenir meilleur.
Toutes mes pensées vont aux familles et proches des victimes, courage et patience. Je suis de tout cœur avec vous...
Kaouther, Française musulmane.
Deuxième article :
Près du Bataclan, des imams rendent hommage aux victimes des attentats.
Plusieurs imams et responsables musulmans ont déposé lundi 16 novembre après-midi des gerbes, non loin de la salle de concert ciblée par l’attaque islamiste.
Publié dans La Croix le16/11/15
Près du Bataclan, deux inscriptions affichées : « L’amour vaincra » et « Nous : musulmans » «et « Vous : terroristes ».
Imams et responsables musulmans ont voulu insister sur leur appartenance à la nation française.
« Ce que nous ressentons pour la France, c’est de l’amour. Nous sommes pleinement citoyens français ! » La voix saisie par l’émotion, retenant un sanglot, Abdelali Mamoun, théologien et imam du Val-de-Marne, s’adresse aux passants et journalistes. Ici, à quelques mètres du Bataclan, où plus de 80 personnes sont mortes sous les balles de jeunes islamistes, des imams et représentants des musulmans de France ont tenu à condamner les attentats sanglants de vendredi et à montrer leur solidarité avec les familles des victimes.
Dans la grisaille de ce lundi 16 novembre, alors que Paris se réveille douloureusement de ce cauchemar, ils sont venus de Pantin, de Meaux, de Montreuil, pour un hommage sobre aux victimes des attaques. La récitation de la première sourate du Coran et la prière que « plus jamais » de tels actes ne se reproduisent ont accompagné le dépôt de gerbes, venues rejoindre les bougies, fleurs et autres écriteaux installés à l’angle entre le boulevard Voltaire et la rue du Crussol.
« Ils nous ont frappés au cœur de nos consciences et de notre âme, poursuit l’imam Mamoun, nous sommes frappés en tout premier lieu : ce qu’ils ont fait, c’est horrible. » « Le terrorisme n’a pas de religion, ce sont des ennemis de l’islam », s’indigne l’imam Abdek Hakim, de la mosquée de Pantin.
« On remet en cause notre appartenance à ce pays »
Dans cette démarche, il y a certes la volonté de rejeter tout « amalgame », comme cela avait été le cas en janvier 2015, lors des attentats de Charlie Hebdo et de l’HyperCasher, mais aussi une certaine forme de lassitude. « Dans cette histoire, on est doublement victimes car une fois encore, on remet en cause notre appartenance à ce pays, il faut que ça cesse », s’exclame Samia Hathroubi, professeur d’histoire et membre de la Foundation For Ethnic Understanding, qui œuvre pour le dialogue interreligieux.
« Le terrorisme ne fait aucune distinction entre les personnes, aucune différence entre vous et nous, ajoute la jeune femme. Les discours de division sont la plus mauvaise réponse à ce qui s’est passé ». « Ces gens veulent nous diviser, nous effrayer, semer la zizanie », appuie Siam, qui milite au sein du Collectif contre l’islamophobie en France.
« Nous ne sommes pas là en train de nous justifier, mais d’exprimer notre plus ferme condamnation face à ces actes. C’est une humiliation pour notre religion qui appelle à la paix que d’être associée à cette idéologie de haine », soutient un autre représentant du Conseil français du culte musulman.
Comme la veille, dimanche, à l’initiative de l’imam de Drancy, accompagné de quelques membres de la Conférence des imams de France, les leaders musulmans présents ont alors entonné la Marseillaise, conclue par un sonore « Allahu akbar » (« Dieu est le plus grand ») lancé par l’imam du Val-de-Marne.
Marie Malzac