Fabriquée à base de produits détergents, cette pâte fluorescente que l'on malaxe peut entraîner de graves problèmes cutanés.
Les autorités françaises ont alerté vendredi les utilisateurs du "slime" sur les dangers des produits toxiques utilisés pour la fabrication maison de cette pâte à malaxer gluante et élastique très populaire chez les jeunes.
"Plusieurs cas d'atteintes cutanées en lien avec la fabrication et la manipulation de slime maison ont été rapportés", s'inquiètent l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans un communiqué commun.
Les autorités "alertent sur les dangers représentés par le contact avec des produits toxiques lors de la fabrication et la manipulation de slime maison".
Plus malléable et élastique que la traditionnelle pâte à modeler, le "slime" se trouve prêt à l'emploi dans le commerce mais peut aussi s'obtenir en mélangeant divers ingrédients comme de la colle, de la lessive ou des colorants.
De nombreux tutoriels fleurissent ainsi sur Internet pour proposer une multitude de recettes aux jeunes adeptes.
"La manipulation de lessives, de produits détergents ou de colles en grande quantité, de manière répétée et prolongée peut être également à l'origine de dermatites de contact sévères car ces produits contiennent tous des conservateurs allergisants ou irritants", met en garde le communiqué des autorités.
Cette pâte avait connu son heure de gloire en 1984 avec le film Ghostbusters (SOS Fantômes), d'où est tiré son nom, dérivé d'un des fantômes du film, "Slimer".
Elle est revenue sur le devant de la scène aux États-Unis dès novembre 2016 grâce à des vidéos postées sur Youtube par des pré-adolescents fiers de leur création.
Ce qu'il faut savoir des risques liés à l'utilisation du "slime", cette pâte gluante dont raffolent les enfants
Ce jeu peut se révéler dangereux. Les autorités sanitaires alertent, vendredi 4 mai, sur les risques liés à l'utilisation du "slime", une pâte visqueuse colorée prisée par les enfants. "Des ingrédients utilisés pour la fabrication maison contiennent des substances chimiques toxiques", prévient l'Agence de sécurité sanitaire dans un communiqué.
Le "slime" est vendu en kits dans les magasins de jouets, ou fabriqué à la maison à partir de produits tels que de la colle à papier et de la lessive, grâce à des tutoriels disponibles sur internet. "Plusieurs cas d'atteintes cutanées en lien avec la fabrication et la manipulation de "slime" maison ont été rapportés à l'Anses par les centres antipoison, le réseau de vigilance en dermato-allergologie Revidal-Gerda et le réseau AllergOS", écrit l'agence.
Franceinfo vous donne quelques conseils pour ne prendre aucun risque avec cette pâte à malaxer.
Plusieurs cas d'atteintes cutanées en lien avec la fabrication et la manipulation de "slime" maison ont été rapportés aux autorités sanitaires françaises.
Deux cas de sévères brûlures ont également été rapportés, au Royaume-Uni puis aux États-Unis (liens en anglais). Des jeunes filles ont eu les mains pelées, d'un rouge très vif, après avoir été en contact avec le "slime", relate Allodocteurs.
La manipulation de lessives, de produits détergents ou de colles en grande quantité, de manière répétée et prolongée, peut être également à l’origine de d'inflamations sévères de la peau alerte l'agence nationale de sécurité sanitaire ( Anses) dans un communiqué
Ces produits contiennent tous des conservateurs allergisants ou irritants, explique l'Anses. Plusieurs cas d'atteintes de la peau et des ongles (brûlures, rougeurs, eczéma, démangeaisons), ont par ailleurs été observés par les réseaux de surveillance. Par ailleurs, l'utilisation de colles dans certaines recettes disponibles sur internet "expose les consommateurs, et surtout les enfants, à des solvants dont certains peuvent provoquer des irritations des yeux, des voies respiratoires et sont toxiques pour le système nerveux central", poursuit l'agence.
Du côté des colorants, utilisés pour la fabrication de "slime" maison, ils "ne sont pas tous de nature alimentaire ou destinés à être en contact avec la peau", alerte l'agence.
L'acide borique, ou borax, utilisé pour rendre la pâte élastique, peut également provoquer des brûlures. "Très concentré, l'acide borique peut servir de détergent", explique à Allodocteurs la dermatologue Séverine Lafaye.
Si une brûlure à l'acide borique survient, il faut "appliquer du gras", comme de la Biafine, conseille Séverine Lafaye. En cas de cloques, la dermatologue préconise de "percer le toit des bulles, ce qui va créer une sorte de pansement". La peau mettra alors plusieurs semaines à cicatriser et la brûlure pourra laisser des traces permanentes.
La Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) invite par ailleurs les parents à veiller au respect des précautions d’emploi qui accompagnent les kits de "slime" vendus au grand public. Sur quinze prélèvements effectués, précise la direction, deux kits contenaient une teneur en bore supérieure à la limite autorisée et ont d'ores et déjà été retirés du marché et rappelés.
Que faire alors pour laisser ses enfants jouer sans qu'ils ne se brûlent les mains ? "Si l'on utilise des petites fioles de collyre il n'y a aucun risque", poursuit Séverine Lafaye. Servant à soigner la conjonctivite, ce traitement ne contient que 3% d'acide borique, une dose suffisamment diluée pour écarter la probabilité de brûlure.
Remplacer l'acide borique par une autre substance, comme de la lessive pure, n’est pas non plus conseillé. "Cela peut générer des allergies de contact, un type d'eczéma sévère", prévient la dermatologue, qui conseille de protéger les enfants en leur faisant porter des gants.
Dans ce contexte, quelle recette utiliser pour la fabrication de la pâte ? Le journal La Croix conseille d'opter pour une fabrication "sans colle ni détergent", ou d’opter pour les coffrets, qui sont contrôlés par les agences de surveillance des produits destinés au grand public. "Sans danger, ces pâtes-là ne collent pas et ne tachent pas les vêtements", ajoute le quotidien catholique.